L’encyclopedie Larusso

du monde moderne

 

 

Edition 2033

 

 

(Extraits choisis)

 

 

 

 

Larusso (1979 - 2012), chanteuse Europop du début du siècle, décorée du titre de chevalier des arts et des lettres par le Président de la République Française, David Douillet, en 2011 pour l’ensemble de son œuvre. Peu de temps après, la chanteuse à succès était odieusement assassinée par un mélomane exaspéré. C’est en hommage à la chanteuse disparue que l’Académie Française Réformée décida de nommer ainsi sa nouvelle encyclopédie du monde moderne. A cette occasion, parlant sans doute des 122 volumes de la première édition papier, le président de l’Académie, Fabrice Lucchini eut ce mot resté célèbre, quoique énigmatique : « Larusso, c’est énorme. ».


 

 

Arbeiter  (n. m.)

 

Terme du langage courant emprunté à l’allemand « travailleur » utilisé pour désigner de façon générique les différents robots utilisés par les sociétés humaines pour réaliser des tâches courantes ou répétitives. Ces robots évoluent dans l’espace de vie des humains ce qui les différencie des robots à proprement parler que l’on rencontre dans les usines et autres unités de montage.

La popularisation du terme est assez récente mais on peut faire remonter son histoire à 2007, année de lancement par la firme allemande MikroTechnik du célèbre « Snoopy », unité automatique légère spécialisée dans la tonte du gazon. Depuis, les versions successives de cet arbeiter ce sont multipliées au point de se compter aussi nombreux que des chiens dans les jardins privatifs ou publics.

Les différentes classes d’arbeiter sont généralement :

-                           les robots spécialisés, comme le « Snoopy », dans des tâches simples qu’ils gèrent en autonomie et, généralement, en réseau, tels des essaims de machines reliés par une conscience commune. Ces robots s’occupent souvent de nettoyage, jardinage, voirie…

-                           les robots s’occupant des relations avec les humains, ou du moins de quelques échanges simples et standardisés : gestion de la domotique d’une maison, accueil et standard dans un bureau, jouet pour les enfants… Un effort est généralement fait sur l’aspect extérieur de ces arbeiter pour les rendre plus attractifs pour les humains avec des formes rondes, des plastiques aux couleurs vives…

-                           les robots s’occupant de l’assistance aux tâches réalisées par des humains restent la forme d’arbeiter la plus accessible : porteurs, « trousses à outils », brancards automatisés…

-                           les robots employés pour les tâches militaires sont nombreux mais constituent une classe particulière nommée « kriegsbeiter ». Le terme de drones est réservé généralement aux robots volants.

 

 

BugÔ (n. m. )

 

Ce nom de marque déposé par la mégacorporation japonaise Bandai spécialisée dans les jouets et les logiciels de jeu est depuis plusieurs années passé dans le langage courant de la plupart des adolescents de la planète. En effet, il désigne un petit robot destiné aux usages de loisirs mais aussi et surtout le passe-temps partagé par la plupart des jeunes et moins jeunes dans les sociétés développées.

Des millions de personnes de par le monde consacrent en effet une bonne partie de leur temps libre et de leur argent aux Bugs. Au départ, il s’agit d’acheter un robot de base parmi les nombreux modèles proposés par Bandai et disponibles dans toutes les grandes surfaces et magasins spécialisés. Au début de son existence, le Bug ne sait pas faire grand chose mais, et c’est là tout l’intérêt de ce passe-temps, il apprend au fur et à mesure des actions programmées par son maître via une interface très simple accessible à tout adolescent. Si, au début, on peine à faire franchir proprement une porte au Bug sans qu’il se cogne partout. Très vite, il est apte à vous suivre partout et à obéir à tous vos ordres. Toutefois, l’élevage d’un Bug peut prendre des mois, voire des années avant que vous en soyez totalement satisfait. Bien sûr, des marchés parallèles existent vendant, parfois fort cher, des Bugs déjà éduqués.

Les consommateurs ne sont toutefois pas oubliés par la firme japonaise qui propose des dizaines d’extension à rajouter à son Bug pour améliorer ses performances dans tel ou tel domaine.

La notoriété de ce passe-temps n’est néanmoins arrivée à un tel sommet que depuis que les possesseurs de Bugs organisent des tournois dans lesquels leurs Bugs s’affrontent dans ce qu’il faut bien appeler de véritables pugilats mécaniques. Dans des pays aux mœurs barbares comme les USA ou le Texas, des championnats professionnels existent avec des systèmes de paris. La firme Bandai regrette l’usage qui est ainsi fait de ses jouets mais n’a pas tenu à faire interdire ces rencontres par les autorités compétentes afin de ne pas décevoir les millions d’enfants qui aiment ce jeu.

 

NB : l’Académie Française Réformée tient à remercier la firme Bandai pour les Télécom ludiques qu’elle a bien voulu faire livrer à ses membres éminents, permettant à certains d’entre eux de vivre une seconde jeunesse…

 

 

E. G. M. (acronyme m. )

 

Cet acronyme passé ces dernières années dans le langage courant a pour origine l’expression « Enfant Génétiquement Modifié » mais désigne en fait tout être humain ayant reçu un traitement préventif biotechnologique en vue d’améliorer ses performances. En effet, honoré lecteur, il ne vous aura pas échappé qu’avant d’être adulte chacun d’entre nous fut un enfant… A noter que l’Euroslang utilise parfois le terme « Eugène » comme une déformation pratique de cet acronyme pour faire le lien logique qui s’impose avec la pratique de l’eugénisme. Toutefois, la rumeur qui dit que le premier EGM s’appelait Eugène ne semble pas devoir être fondée...

Chaque être humain normal découle d’un patrimoine génétique comprenant 23 paires de chromosomes. Chacun sait que les scientifiques savent désormais parfaitement créer des chromosomes artificiels. La première expérience de ce type menée en 2011 par le Pr. Ellen De Jong avait pour but de résoudre le problème posé jusqu’alors par un certain nombre de maladies génétiques aujourd’hui tombées dans l’oubli. Ce grand succès lui valut d’ailleurs à l’époque le prix Nobel, un honneur pour la République Sud-africaine. Depuis lors, la dimension réparatrice a progressivement laissé la place à une dimension programmatrice des naissances : les grands laboratoires de biotechnologies ont breveté des chromosomes artificiels qui garantissent le sexe, la beauté, la vigueur physique ou intellectuelle de votre futur enfant.

Toutefois, ces EGM sont loin d’être aujourd’hui très répandus car, après l’attrait de la nouveauté des années 2020, il a été mis en évidence par d’autres scientifiques que ces manipulations génétiques posent un certain nombre de problèmes dont les premiers cobayes font aujourd’hui les frais.

Outre les problèmes éthiques d’eugénisme pour certains ou d’irrespect religieux pour d’autres qui font que les EGM sont interdits dans des pays aussi divers que le Japon ou l’Hindustan, rappelons qu’il s’est avéré non-viable pour un être humain de vivre avec plus de 24 paires de chromosomes : il est donc impossible de subir plus d’une modification génétique par individu.

Mais l’interrogation existentielle repose sur le terme même d’ « être humain ». Est-on encore avec 24 paires de chromosomes un être humain ? Est-on encore un « homo sapiens sapiens » ou bien une autre espèce aussi différente que l’était l’homme de Cro-Magnon ? De fait, cette question éthique se retrouve dans des études psychologiques qui ont prouvé que les EGM ressentent un terrible complexe de supériorité vis à vis des non-modifiés. A cela s’ajoute de très nombreux problèmes et dérèglements psychologiques sans que les psychiatres puissent encore dire aujourd’hui si ils sont inhérents à la modification génétique elle-même ou à la relative exclusion sociale dont est victime aujourd’hui la petite minorité des EGM dans le monde.

Surtout, toutes ces interrogations éthiques sur l’humanité des EGM rebondissent ces dernières années avec le passage à la puberté d’un nombre grandissant d’EGM, phénomène nouveau et inquiétant : tout prouve que les enfants qui naîtraient d’une union entre un EGM et un non-modifié ne seraient pas viables. Un tel enfant serait un être hybride doté d’un seul exemplaire du chromosome artificiel : il ne bénéficierait donc pas de la modification génétique mais risque par contre de subir les troubles psychiatriques qui en découlent. De plus, certains généticiens doutent sérieusement de la viabilité même de tels enfants à long terme. Notez bien que le problème reste le même entre deux EGM ne bénéficiant pas de la même modification génétique : les EGM de « marques » différentes ne sont pas non plus biologiquement compatibles.

Face à ce problème émergent, les états semblent enclins à interdire jusqu’à plus ample information la procréation des EGM. Il se dit toutefois que les EGM les plus âgés organisent des réseaux clandestins pour trouver des partenaires compatibles avec lesquels ils peuvent espérer procréer : étrange manifestation de l’instinct de survie…

 

 

 

HyperNet  (n. m.)

 

Penser que la Matrice, ses grilles de néons bleutés, ses polygones de données multicolores et abstraits, soit le seul moyen d’accéder au Réseau est ridicule. Point. C’est comme si, à la fin du XXème siècle, on ne pouvait accéder à l’Internet que sous la forme de lignes de codes sur de magnifiques écrans monochromes verts (ou bleus, je vous l’accorde). Or, dès cette époque reculée, il existait quelque chose dont vous avez peut-être (sait-on jamais...) entendu parler dans les Métarchives : le World Wide Web, qui rendait le Net accessible sous forme de pages de textes bien présentés, d’images et de sons numérisés, d’animations voire de petites réalités virtuelles.

Doit-on imaginer que la ménagère de Night City qui veut commander la livraison de cette si belle blouse à La Crainte ou aux 4 Coréens doit brancher ses prises d’Interface pour plonger dans la Matrice et naviguer jusqu’au construct du VPCiste...

Non ! Soyons sérieux. La Matrice, comme son nom l’indique, est ce qui est à la base du Réseau mondial. C’est la représentation graphique des bonnes vieilles lignes de codes. Leur compréhension (en fait, la compétence Interface) n’est accessible qu’à une petite caste de programmateurs, d’opérateurs et... de hackers !

Pour le grand public, il existe une autre interface bien plus simple et qui n’est que l’évolution du World Wide Web. C’est l’HyperNet.

Il s’agit donc d’une interface qui permet à chacun de réserver un billet d’avion, commander une pizza, consulter une encyclopédie ou un journal en ligne, écrire un courrier électronique... en fait, de pratiquement tout faire ce que réclame la vie quotidienne.

Chaque foyer est relié à l’HyperNet. On peut se connecter depuis la TV, sa Télécom©, un ordinateur personnel (les cyberconsoles, elles, servent à lire les algorithmes Ihara-Grubb, donc la Matrice et sont les seules à pouvoir le faire... mais on peut aussi s’en servir pour se connecter à HyperNet !)... et bien sûr depuis un terminal DataTerm (à partir desquels on ne peut pas accéder à la Matrice) dont c’est la fonction première.

Cette connexion se fait la plupart du temps avec un traditionnel écran et un non moins traditionnel clavier. Les commandes vocales sont également très courantes. Rien n’empêche de s’immerger dans HyperNet par connexion neurale ; cela présente les avantages habituels : rapidité, intuitivité... et la possibilité de profiter pleinement des réalités virtuelles.

En effet, si beaucoup de « sites » HyperNet proposent leurs informations sous forme de pages de textes ou de fichiers vocaux, il est courant de trouver des réalités virtuelles utilitaires comme des bureaux d’accueil (dont la charmante hôtesse peut-être soit un programme, soit un gros homme barbu connecté à l’autre bout de la planète), des endroits à visiter (par exemple, l’hôtel que vous vous apprêtez à louer pour vos vacances)... On peut aussi imaginer des milliers d’applications ludiques (salles de jeux, salons de rencontres...).

Enfin, HyperNet peut intéresser... les Netrunners ! Effectivement, cet espace grand public, dans lequel leur présence n’est pas systématiquement une infraction (ce qui est le cas dans la Matrice : « Bonjour, que faites-vous dans les lignes de codes de mon système, monsieur ? »), leur donne accès à un nouveau type de piratage où les logiciels et toutes ces sortes de chose sont à peu près inutiles et font place à l’intuition, aux relations qui vont bien et aux petites enquêtes de proximité à la recherche des mots de passe…

[ CyberAge, excellentissime H.S. de Casus Belli]

 

 

 

Jetable (adjectif et n. m.)

 

Après l’air du portable (téléphone, ordinateur, console de jeu, lecteur CD…) au début du 21ème siècle, l’humanité des pays développés est entrée depuis quelques années dans l’ère du jetable. En effet, la baisse des coûts de certains matériaux (polymères, puces…) et la succession des innovations technologiques, ainsi que les modes de vie de plus en plus nomades, ont fait choisir à des consommateurs de plus en plus nombreux d’investir dans des produits jetables qui ne servent donc que dans un laps de temps limité. Ils sont jetables de fait car les ré-alimenter ou les réparer ne serait pas rentable du fait de l’évolution technologique qui propose de nouveaux produits plus performants et moins chers.

Parmi les produits jetables ayant rencontré un vaste succès depuis quelques années, citons :

-                           le pistolet jetable, mieux connu sous le vocable populaire de « polymère un-coup » ; compte-tenu du fait scientifiquement prouvé que, dans toute une vie, le possesseur d’une arme à feu l’utilise rarement plus d’une fois (après il est mort ou en prison…), il a semblé intéressant de proposer aux consommateurs des armes légères, de conception simple et bon marché. Ces armes essentiellement en plastique ne peuvent être rechargées et ne sont pas d’une grande fiabilité à long terme mais, dans certains pays aux mœurs barbares comme les USA ou le Texas, elles sont facilement accessibles (il existe des distributeurs délivrant ces armes dans une pochette plastique), ne nécessitent ni entraînement ni entretien particulier. C’est un immense succès populaire et les marques d’armement déclinent ce produit en couleurs et formes les plus multiples. Il existe ainsi des modèles pour enfant (dont les parents sont soucieux d’assurer la sécurité dans les cours d’école) qui reprennent le design des films de science-fiction ou les mangas les plus célèbres.

 

 

-                           le téléphone jetable, beaucoup plus simple et moins coûteux qu’une Télécom, a lui aussi connu un certain succès en dépannage ou en complément de votre moyen de communication habituelle. Vendu avec une autonomie limitée (généralement une heure de communications), il permet simplement de passer des appels mais est peu encombrant et puis… vous n’aurez pas à vous inquiéter de le recharger.

-                           on pourrait encore citer le BuroÔ, un PC en tablette livré avec un seul logiciel de bureautique et la configuration simplement adaptée au fonctionnement de celui-ci, les lecteurs de puces, les TV…

 

 

Néo-sov  (nom variable et adjectif)

 

Terme générique employé dans la langue courante pour désigner tout ce qui concerne la Nouvelle URSS.

Ex : « Mais qu’est-ce que c’est encore que cette émission pourrie ? C’est un feuilleton Néo-sov ou quoi ? ».

 

Cette partie de l’Eurasie fut l’une des régions ayant connu le plus de modification géopolitiques lors du Collapse mondial. Au début du 21ème siècle, la Russie et certains de ces anciens satellites comme l’Ukraine et les Pays Baltes étaient sur le chemin d’un capitalisme libéral classique et se rapprochaient à grands pas de l’adhésion à notre glorieuse Union Européenne.

Pourtant, un certain nombre d’éléments négatifs subsistaient, porteurs des troubles futurs. D’une part, la Russie devait faire face à de sérieux mouvements séparatistes, par exemple en Iakoutie où des groupes armés s’opposent à la volonté de Moscou de reprendre en main les différentes régions plus ou moins éloignées de son pouvoir central. D’autre part, au niveau social, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ne cessait de se creuser pour prendre une ampleur inédite et difficilement supportable, d’autant qu’aucun organisme social ne venait atténuer la condition des plus pauvres. A cela peut s’ajouter une mafia sur-puissante qui, elle aussi, voyait d’un mauvais œil les tentations autoritaires du nouveau pouvoir de Moscou. Enfin, on pourrait ajouter que certains anciens satellites, encore très liés à la Russie, se trouvaient au plus mal d’un point de vue économique : on peut ainsi citer le Bélarus ou le Kazakhstan.

A la fin des années 2000, les rues de Russie commencent à être le terrain de bataille opposant d’un côté les nostalgiques de l’ex-URSS, de plus en plus nombreux, aux milices fascistes qui entendent lutter contre les premiers à leur façon… Inquiète devant cette situation quasi-insurrectionnelle, l’Union Européenne prend ses distances avec la Russie, l’exhortant à rétablir l’ordre chez elle. C’est alors que le Collapse économique mondial finit par enlever toute crédibilité au pouvoir en place…

En effet, en 2011, le Bélarus, suivi par plusieurs pays de l’ex-URSS, totalement exsangues, réclame son retour dans le giron russe. Pour d’évidentes raisons économiques, le pouvoir de Moscou refuse… au grand dam de l’opinion publique russe qui y voit un reflet de la puissance envolée de la Russie. Les organisations clandestines communistes, en lien avec l’armée et la mafia, déclenchent alors un coup d’état victorieux. En quelques victoires éclairs, soutenus par une bonne partie de la population, les communistes reprennent le pouvoir ! Ils s’empressent de reconstituer officiellement l’URSS et acceptent aussitôt les demandes des états satellites.

Ce double coup de force provoque bien sûr un très important retentissement international. Des pays comme l’Ukraine ou la Lituanie, inquiets du retour de l’URSS, protestent énergiquement. L’UE menace d’intervenir mais, noyée dans ses contradictions internes, semble loin de pouvoir intervenir. Les USA, repliés sur leur continent, préviennent qu’ils n’ont que faire du type de régime en place en Russie mais que, si les armes nucléaires devaient encore être employées, ils écraseraient toute la région sous le poids de leur feu nucléaire.

Devant l’apathie générale, l’Armée Rouge reconstituée est envoyée dans les pays ayant demandés leur rattachement mais aussi dans les autres anciens pays d’URSS où pourtant seule une petite minorité de nostalgiques les soutient. Après quelques jours de combat de rue entre partisans et adversaires, Kiev, la capitale ukrainienne ouvre ses portes aux blindés de l’Armée Rouge : c’est le « coup de Kiev ». Toute l’Ukraine se rallie. Dans d’autres pays, comme en Moldavie, l’entrée des troupes néo-sovs est encore plus aisée, accueillies par les hourras de la foule. Dans d’autres, par contre, l’opposition est réelle et de véritables batailles rangées s’engagent. Ainsi, les Pays Baltes et l’Azerbaïdjan s’enflamment.

Après quelques mois, la communauté internationale se décide à agir et une conférence est réunie sur le sujet à Stockholm après l’acceptation d’un cessez-le-feu par toutes les parties. Les USA refusent d’y siéger. De ce fait, l’UE et le Japon seront les principaux négociateurs présents.

La conférence de Stockholm s’achève en 2013 par la reconnaissance internationale de la Nouvelle URSS dans ses frontières du cessez-le-feu. Pour obtenir cela, les néo-sovs ont du se soumettrent à un certain nombre d’engagements : l’abandon de toute prétention sur les territoires qu’elle essayait d’annexer par la force, le respect des engagements internationaux de la Russie (notamment sur le désarmement), la pérennisation des accords d’association avec l’UE (ce qui, d’une certaine manière, contraint l’URSS à rester capitaliste…)… En outre, pour se concilier le Japon, l’URSS lui abandonne la souveraineté sur les îles Kouriles, au nord de l’archipel nippon, qui ont longtemps empoisonnées les relations entre les deux pays. Cet événement suscite un vaste élan de nationalisme au Japon.

La principale conséquence du statu quo est la séparation de fait des Pays Baltes en deux zones. L’est, occupé par les forces néo-sovs, est intégré à la Nouvelle URSS. L’ouest, qui résistait encore, devient un nouvel état : la République Balte, formée à partir d’une partie des territoires des anciennes Lettonie et surtout Lituanie. De façon à « faire passer la pilule », la République Balte est intégrée à l’UE avec un statut spécial. De façon à éviter tout problème futur, l’URSS est contrainte de se séparer de l’enclave de Kaliningrad au plus vite.

Bien sûr, la paix ne revient pas d’un seul coup et de nombreux combats sporadiques se déroulent encore aujourd’hui aux périphéries de l’immense empire néo-sov. De plus, des mouvements indépendantistes se rappellent régulièrement au bon souvenir de Moscou par leurs actions terroristes, en Ukraine notamment.

En matière de politique économique, l’URSS, liée au capitalisme par les accords d’association avec l’UE, a remis au goût du jour la NEP des années 1920. Dans cette nouvelle politique économique, l’agriculture, le commerce de détail et la plupart des PME appartiennent au domaine privé et fonctionnent donc selon les critères capitalistes. Seuls les très grands groupes furent nationalisés. L’économie se rapproche alors du modèle initié par la Chine : une économie à la fois capitaliste et communiste où la richesse produite profite essentiellement à la classe dirigeante des corpos néo-sovs, la NOMENKLATURA. Ceux-ci vivent dans l’opulence pendant que la masse du peuple est maintenue dans l’illusion d’un régime plus égalitaire grâce, il est vrai, à une amélioration des services publics mais aussi grâce à la propagande et la limitation des libertés personnelles. Certains intellectuels occidentaux, provocateurs irresponsables, ont été jusqu’à suggérer que ce modèle néo-sov n’était pas si éloigné de nos démocraties libérales ! Il est à noter que malgré la similitude entre les deux régimes, les relations entre l’URSS et la Chine populaire restent fluctuantes et au mieux fraîches.

Les grandes corporations néo-sovs n’ont eu aucun mal, soutenues par un état de près de 200 millions de personnes, à s’imposer dans le concert international. On peut noter la corpo SOVOIL, géant pétrolier mais aussi AEROFLOT, compagnie aérospatiale ou encore RED STAR, compagnie géante fabriquant et distribuant l’essentiel des biens de consommation de fabrication néo-sov.

A noter, pour être tout à fait complet sur le volet économique, que la mafia possède des liens indiscutables avec la nomenklatura et reste donc très puissante.

Malgré les apparences d’un état fort et autoritaire, on voit donc que le pouvoir de Moscou est limité. Outre la mafia, les régions périphériques sont assez autonomes, contrairement à ce que la propagande tente de faire croire. De fait, le pouvoir central a du concéder des libertés assez importantes aux régions les plus éloignées d’Asie centrale et de Sibérie. Moscou y soutient les dirigeants locaux acceptant de jouer le jeu des apparences d’un pouvoir central fort (propagande, bases de l’Armée Rouge, sièges des corpos d’état…), quitte à ce que ceux-ci confisquent la réalité du pouvoir local, gouvernant leur région comme bon leur semble. On assiste ainsi dans ces régions à une multiplication de mini-dictatures quasiment indépendantes liées à Moscou par un système proche du fédéralisme.

 

 

 

Phylum (n. m.)

Nom tiré du nouveau vocable juridique globalisé en vigueur auprès des différentes cours de justice régies par l’ONU et ses agences. Il désigne un sous-groupe humain au sens large (tribu, clan, nation…).

Dans la plupart des états reconnus par l’ONU, l’adhésion par tout être humain majeur à un phylum est un droit. Néanmoins, le droit local peut avoir différentes attitudes vis à vis de ce statut :

-         l’adhésion peut être totalement libre.

-         l’adhésion peut être obligatoire pour tel ou tel groupe humain défini par la loi ; ainsi, l’Hindoustan oblige-t-il tous ses résidents de confession musulmane à adhérer à ce phylum.

-         L’adhésion peut être soumise à la production d’une preuve d’appartenance (certificat de baptême, cotisation à jour…).

L’adhésion à un phylum donne accès à un statut juridique particulier comprenant droits et devoirs spécifiques reconnus par le droit international. Ce statut peut s’appliquer au détriment du droit local ou national. Ainsi, les citoyens de l’Union Européenne inscrits au phylum Islam ont-ils obtenus le droit d’être jugés selon la Charria et non selon les cours habituelles des différents états. Un état souverain est libre de reconnaître ou non, tel ou tel phylum mais peuvent très souvent se voir court-circuiter par le recours auprès des cours de justice internationale qui, elles, le reconnaissent.

 Les phylums peuvent être d’une très grande diversité. A titre d’information, voici quelques catégories reconnues par le droit international : religions, sectes, ethnies, groupes sexuels, corporations… La reconnaissance d’un nouveau phylum par le droit international fait généralement l’objet d’intenses batailles de lobbying de la part des intérêts en présence.

[ L’âge de diamant, un roman rébarbatif de Neal Stephenson]

 

 

 

PRISON (1) : les Enfers.

 

On désigne de ce nom évocateur les centres pénitentiaires ayant plus ou moins échappé à l’autorité de leurs surveillants pour devenir des isolats gérés par les prisonniers eux-mêmes. Ceux-ci s’organisent en gangs ultra-violents identifiés généralement par le numéro de l’aile ou du couloir de la prison dont ils ont fait leur territoire. Personne, ni maton, ni autre prisonnier ne doit violé ce territoire sous peine d’être sauvagement assassiné. L’assassinat de pur arbitraire est également pratiqué comme épreuve initiatique pour les nouveaux arrivants désireux de s’intégrer dans un gang. Quant à ceux qui ne le souhaitent pas ? Et bien, ils font d’excellentes victimes pour ces examens de passage… L’arme la plus couramment utilisée est la brosse à dents équipée à ses deux extrémités d’une lame de rasoir ; le tout sorti en toute discrétion des salles de bain de la prison. Pour se faire accepter, le prisonnier doit aussi arborer le look terrifiant de son gang : scarifications, tatouages sur le visage, dents arrachées… Ceux qui font cela n’envisagent pas vraiment de ressortir un jour de là ! D’ailleurs la plupart ne le souhaitent pas, trouvant là une sorte de famille d’accueil et un monde clos avec ses propres règles qui devient presque rassurant. Pour les chefs de gang, la vie serait presque agréable avec toute une cour d’esclaves corvéables à merci. De plus, même les matons doivent négocier avec eux dès qu’ils veulent organiser quelque chose de nouveau. Evidemment, pour ces matons, être affecté à un Enfer, c’est tout sauf une promotion…

Il existe des Enfers un peu partout dans le monde à l’exclusion de l’Union Européenne. Les plus redoutés se trouvent en Afrique, en URSS, voire au Texas. Ces endroits de cauchemar naissent en général de la concentration excessive dans le même établissement de nombreux détenus condamnés à de très longues peines incompressibles.

 

 

 

PRISON (2) : les prisons « magna ».

 

Certaines prisons high-tech ou encore les quartiers haute-sécurité de nombreuses prisons des pays développés disposent d’un sol magnétisé. Les détenus portent d’imposantes bottes mécaniques qui les entravent à la manière des anciens boulets de bagnard. Surtout, en cas d’alerte, le système de surveillance inclus dans le sol permet de savoir où se trouve chaque prisonnier et, le cas échéant, de l’immobiliser au sol en activant le réactif magnétique du sol.

 

[ Volte/Face, un nanar de John WOO ]

 

 

Télécom©   (n. m. ou n. f.) 

 

Ce mot d’origine populaire s’est formé peu à peu par la confusion de deux des mots les plus usités à la fin du XXème siècle : téléphone (pour télécommunications) et télécommande. De ce fait, les académiciens n’ont jamais réussi à se mettre d’accord pour savoir s’il convient de dire un ou une Télécom© ; c’est donc l’usage local qui prédomine.

Cet objet est devenu aujourd’hui fondamental pour tous les individus des sociétés développés. Véritable prolongement du corps humain, il permet à notre esprit de communiquer avec l’extérieur et de commander l’essentiel de son environnement matériel.

Cet objet ressemble à peu près à un téléphone portable de la fin du XXème siècle mais d’une taille un peu supérieure pour pouvoir loger un petit clavier utilisable et un écran confortable. Son prix moyen peut être estimé à 400 Eb mais celui-ci est extrêmement variable. Ainsi, des modèles plus simples, par exemple sans prise d’interface ou à destination des enfants, seront bien moins chers alors que les modèles plaqués or ou abritant des options pour professionnels feront s’envoler les prix.

Pour mémoire, un modèle de base comprend généralement les fonctions suivantes : téléphone satellitaire, connexion HyperNet, ordinateur de poche, agenda électronique, console de jeu, mini-caméra, commande domotique, dictaphone, porte-monnaie électronique…

 


Venises (n. f.)

 

Ce nom générique désigne les villes côtières partiellement inondées au fur et à mesure de la montée des eaux due au réchauffement de la planète. Ainsi, on peut dire que le LA Metroplex est, en partie, une Venise.

 

[ Golden City, une série de Pecqueur et Malfin aux éditions Delcourt ]